Revue de presse
“Vous souvenez-vous des fluokids ? Ces jeunes gens en leggings fluo dansaient sur des basses saturées des clubs parisiens. Tous adulaient une scène électronique qui sera bientôt baptisée la French Touch 2.0. Entre 2005 et 2011, une génération de DJ et de producteurs (Justice, DJ Mehdi, Para One, Boys Noize, Uffie…) faisaient beaucoup parler d’eux au même moment où les blogs musicaux et MySpace régnaient sur la pop culture. Toute cette esthétique sera ensuite remise au goût du jour par des artistes tels que Charli xcx sous l’appellation indie sleaze.
Pour mieux comprendre la puissance de cette ère festival, on peut se plonger dans la lecture d’un livre signé du journaliste Maxime Delcourt. Ce dernier propose un récit oral de l’époque dans un ouvrage, Les années bloghouse – D’Ed Banger à Myspace, itinéraires croisés d’une génération de fluokids, qui tient à la fois du reportage, de l’analyse critique et du roman collectif. On redécouvrira ainsi l’histoire des labels Ed Banger et Kitsuné et Institubes tout en s’immergeant dans les arcanes de la culture musicale d’antan, entre dématérialisation du disque et avènement du home-studio.”
« Le sous-titre est clair : il ne s’agit pas ici d’un énième ouvrage sur la French Touch, mais sur des drôles d’héritiers qui, entre 2005 et 2011 (année du décès accidentel et prématuré de DJ Mehdi, n’y sont pas allés de mains morte sur les platines, enflammant les dances floors du Social Club ou du Paris Paris, virevoltant avec le format MP3 et des fichiers impalpables. Tandis que les beats, eux, tapaient fort.
DJ Mehdi bien sûr, mais aussi Justice, Boys Noize, Para One, Crookers, 2 Many DJ’s, Surkin, Uffie, Aeroplane ou encore A-Track… « Ils ont un ordi, des rêves plein la tête, encore peu de connaissances, mais ils tournent déjà dans toute l’Europe », annonce Maxime Delcourt dès l’ouverture de cette enquête vivifiante, qui revient sur les grands points étapes de ce mouvement disparate et galvanisant, tout en chroniquant des singes aussi mémorables que « Je veux te voir » de Yelle ou « White Knight Two » de Surkin. Une pertinente plongée dans cette esthétique encore peu documentée, accompagnée, à la fin de chaque chapitre, d’un « Beyond the Mix » dans laquelle un DJ-producteur explique la création d’un morceau ou d’un remix phare des années bloghouse. »
“L’auteur ne triche pas, ne force pas le trait. C’est documenté, tendu, cohérent. Le chaos y trouve son architecture. C’est tout le talent de l’auteur : il ne raconte pas seulement une époque, il en restitue le souffle. Parce qu’il évite l’écueil de la nostalgie pour mieux capturer ce qui, dans ce chaos créatif, résonne encore aujourd’hui. Parce qu’il donne la parole à celles et ceux dont la lucidité est précieuse. Parce qu’il est écrit avec une exigence qui force le respect — documenté sans être poussiéreux, vibrant sans être complaisant. Et parce qu’au fond, ce livre ne parle pas que de musique : il parle de ce qui naît quand tout se défait, quand les repères sautent, quand une génération décide de tout inventer ailleurs.”
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“Vous l’avez probablement observé : ça fait quelque temps que la culture les années 2000 est de retour. Dans la mode bien sûr – on le voit dans la rue – mais également dans la musique ! Coïncidence ou non, le journaliste musical Maxime Delcourt vient de sortir un livre dans lequel il raconte une période courte, mais intense, des années 2000.
Intitulé “Les années Bloghouse : D’Ed Banger à MySpace, itinéraires croisés d’une génération de fluokids.”, l’ouvrage revient donc sur une génération d’artistes électro qui, portée par un élan régressif et punk, propose un mélange quasi inédit d’influences rock, rap, pop, etc. Ils s’appellent Justice, DJ Mehdi, Teki Latex, Para One, A-Trak, Uffie ou Yelle, pour ne citer que les plus populaires, et ils vont marquer l’Europe, puis le monde. Dans son livre, Maxime raconte que cette dynamique fascinante était accompagnée par des labels qui feront des dates (Ed Banger, Kitsuné, Institubes), une esthétique visuelle et vestimentaire forte (SoMe !), et surtout une révolution… internet et l’arrivée de l’ADSL ! Pour la première fois, le home studio se démocratise, le MP3 devient la norme, on télécharge de la musique via Napster, on découvre des morceaux sur des blogs, et l’on se rencontre au travers de MySpace…
Le bouquin est excellent, et raconte une période charnière qui préfigure la musique d’aujourd’hui. Salman et Daz ont donc convié Max à venir le présenter, dans le podcast des passionnés de musique.
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“Dernier grand moment d’un Internet bricoleur, le mouvement bloghouse a fait naître, au milieu des années 2000, une génération d’artistes avec un MacBook et un rêve. La nostalgie, elle, nous ferait presque oublier qu’il faisait froid dans la queue du Social Club.”
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“Les années bloghouse, D’Ed Banger à MySpace : itinéraires croisés d’une génération de fluokids” de Maxime Delcourt
Ou l’histoire de la liaison discrète — mais essentielle — qui unit la musique électro aux blogs. Entre reportage et témoignage, Maxime Delcourt passe en revue les années 2005 à 2011, décrypte les DJ et producteurs émergents tels que Justice, DJ Mehdi, ainsi que les labels Ed Banger et Kitsuné, et l’essor de nouvelles plateformes de réseautage social comme MySpace, ouvrant une liberté de partage et de diffusion sans précédent. Là, des fluokids cool et insolents troquent les CD lassants pour le MP3 tout-puissant, parlent rap, électro ou tecktonik et contribuent, sans le savoir, à l’émergence d’un phénomène musical affranchi des canaux traditionnels de l’industrie.”
“Aussi appelée French touch 2.0, négligeant de fait sa dimension internationale, la bloghouse a insufflé entre 2005 et 2011 une énergie nouvelle à la scène électronique et aux clubs. Justice, Crookers, A-Track, Surkin et tant d’autres prônaient l’anti-purisme et jouaient avec les technologies de leur époque, à l’aube de a dématérialisation de la musique.”
Découvrir le numéro Tsugi sur la bloghouse