Revue de presse
“Avec Rock australien : un continent en 100 disques, le journaliste Emmanuel Chirache s’attaque à ce qu’il appelle “l’impensé” de notre culture musicale. L’Australie a longtemps souffert d’un complexe d’infériorité vis-à-vis de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Emmanuel Chirache explique comment cet isolement géographique a paradoxalement permis l’éclosion d’un son plus brut, plus sauvage et sans compromis, forgé dans la chaleur et la violence des “pubs” locaux. Car la musique australienne est indissociable de sa géographie et de son histoire (notamment l’immigration massive des années 50). Et il en sort un essai de 150 pages très documenté suivi d’une sélection critique de 100 albums essentiels. Le livre trace une ligne directe entre les différentes époques et styles qui ont marqué l’île-continent.”
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“Rock Australien, un continent en 100 disques, le copieux livre d’Emmanuel Chirache, consacré à ce fameux rock australien, se révèle absolument indispensable pour tous ceux qui ont envie d’en savoir plus, et de découvrir des joyaux méconnus.
La première partie est un retour aux origines du rock australien, et à son histoire depuis les années 1940. Nous y apprenons la tendance qu’ont les Australiens à se dévaloriser sur le plan culturel par rapport aux nombreuses réussites de leurs cousins anglo-saxons.”
” voici donc Emmanuel Chirache avec une sélection de disques australiens pas piquée des hannetons. L’intéressé n’est pas à son coup d’essai, puisqu’il y a dix ans, il publiait un premier ouvrage sur les reprises dans le rock (Covers, une histoire de la reprise dans le Rock, 2015). L’auteur est aussi youtubeur, il tient en effet une excellente chaîne sur le site américain autour du vinyle (Le Collectionneur). Au delà de son évidente passion pour King Gizzard and The Lizard Wizard, Emmanuel Chirache aime profondément le rock australien. Cette flamme irrigue en effet sa sélection autant qu’un essai particulièrement abouti et intéressant. Plus qu’une introduction au rock australien, l’auteur a développé un texte de qualité universitaire, argumenté et motivé. Il y a derrière ces mots, un sacerdoce, celui d’un journaliste qui a tenté d’aller au fond du sujet et de le comprendre à un niveau presque intime. Sans dévoiler l’ensemble de l’argumentation, nous sommes ravis d’en apprendre sur les notions de Cultural Cringe (très importante en Australie) ou sur le développement du boogie australien, un genre endogène au pays continent. Il y a aussi des discussions passionnantes autour de la place des Aborigènes ou des immigrants récents (les Ten Pound Poms des années soixante).”
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“Allez, puisqu’on est entre nous, combien de groupes australiens pouvez-vous citer au débotté ? AC/DC et… ? Quelques fans de hard rock ajouteront The Angels et Rose Tattoo ; le grand public reteindra Midnight Oil et INXS… Et évitera soigneusement de citer les Bee Gees : ils sont américains, non ? C’est à peu près tout. Pas par manque de goût, mais plus sûrement par manque de curiosité dû à l’éloignement. C’est loin l’Australie ! Tellement loin que dans les années 60, même les groupes australiens finissaient par rejoindre la Grande Bretagne pour espérer la reconnaissance. Et souvent revenir la guitare entre les jambes. C’est ce que raconte Emmanuel Chirache dans sa superbe et très bien documentée introduction de 150 pages. On y apprend des tonnes de choses. On se cultive et on s’instruit. C’est ainsi que j’ai retenu que le gouvernement australien avait favorisé une immigration de masse de Grande Bretagne (principalement), faisant venir plus d’un million d’européens dans les années 50. Le résultat ? Des milliers de gamins sont arrivés avec leurs parents et ont allumé les amplis dix ans plus tard. Les trois frères Young sont d’origine écossaise… Ce qu’Emmanuel Chirache nous raconte aussi, c’est ce son australien qui tarde à venir et situer le pays dans le grand monde du rock. Les immenses et violents bars de Sidney, Melbourne, Perth ou Brisbane apporteront la réponse : le pub rock.
Séduit par ces propos liminaires, le lecteur peut alors picorer dans la sélection des 100 albums retenus par l’auteur. L’ouvrage finissant par un disque de Brat Farrar de 2023. A vous de compléter !”
“LʹAustralie : le sixième pays du monde, peuplé de seulement 28 millions dʹhabitants. Des villes parfois distantes de 4000 kilomètres. Une géographie, un isolement qui explique lʹavènement du rock australien, des Easybeats à Courtney Barnett avec un âge dʹor personnalisé par le succès des Triffids et de Died Pretty, au mitan des années 80, juste avant la déflagration INXS et Midnight Oil. De sacrées histoires racontées par Emmanuel Chirache.”
“Le lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » ses choix musicaux. Au menu cette semaine, une sélection de quatre ouvrages, dont un consacré à l’histoire du rock australien encore méconnue, sous-estimée, négligée.”
“L’auteur de ce livre, Emmanuel Chirache, appartient à ce club d’exaltés, surtout dernièrement par le gang King Gizzard And The Lizard Wizard. Il a donc décidé de saluer avec passion et érudition le Rock australien. Dans une première partie, avec un essai couvrant 150 pages, il analyse et raconte l’histoire, les lieux, les scènes, les artistes sur plusieurs décennies. Il rappelle l’isolement, les complexes par rapport à la Grande-Bretagne et les États-Unis – il faudra d’ailleurs un certain temps pour que les médias anglais ne dédaignent plus les formations australiennes -, les modes artistiques sous influences.”