Parution : 22/05/2026
ISBN : 9782384319039
192 pages (14,8 x 21 cm)

19.00 €

Miles Davis — Nouvelle édition

Bitches Brew ou le jazz psychédélique

À l’occasion du centenaire de la naissance de Miles Davis paraît la réédition de l’ouvrage de Matthieu Thibault consacré au double album Bitches Brew.
Quand Miles Davis s’attelle à la conception de Bitches Brew durant l’été 1969, sa réputation de sideman bebop, de pionnier du cool et du jazz modal le précède, mais à 40 ans passés, le trompettiste ne suscite plus le même enthousiasme chez les critiques et le public. Il entreprend pourtant une mue à la fin des sixties, accélérée par la rencontre avec Betty Mabry, qui l’oriente vers les musiques funk, rock et psychédéliques de James Brown, Jimi Hendrix et Sly Stone. Sous sa direction, un large ensemble comptant, entre autres, Chick Corea, John McLaughlin, Bennie Maupin et Wayne Shorter assure des jam sessions que le producteur Teo Macero réagence sous la forme du double album studio le plus vendu de l’histoire du jazz. Non seulement Bitches Brew rompt avec les codes du hard bop et du free jazz qui l’ont précédé, mais il replace Miles Davis au premier plan et ouvre la brèche du jazz fusion dans laquelle s’engouffrent The Headhunters, Weather Report, Mahavishnu Orchestra et Return To Forever. Cette édition révisée de Bitches Brew ou le jazz psychédélique raconte ainsi le tournant électrique de Miles Davis influencé par la pop, et analyse les sessions d’enregistrement ainsi que le travail de post-production à l’origine de ce disque.

Revue de presse

- Miles Davis de Matthieu Thibault Yves Tassin JazzMania 14 juin 2026
- Miles Davis, Bitches brew ou le jazz psychédélique Matthieu Jouan Citizen Jazz 14 juin 2026
- Bitches Brew ou le jazz psychédélique Laurent Sapir TSF Jazz 20 avril 2012
- Bitches Brew ou le jazz psychédélique Rémi Bonnet L'Echo Républicain 13 avril 2012
- Un livre pour Miles Davis Jazz Radio 30 mars 2012
- Bitches Brew ou le jazz psychédélique Alex Duthil France Musique 23 mars 2012

- Miles Davis de Matthieu Thibault

Ce livre est censé s’atteler pour l’essentiel au cheminement qui a conduit à la conception d’une œuvre charnière pour le jazz, l’album « Bitches Brew ». Et c’est vrai que Matthieu Thibault en analyse les morceaux qui le composent, qu’il s’attarde aux sources d’inspiration auxquelles Miles s’est abreuvé avant de lui donner naissance, que chaque session d’enregistrement, chaque musicien qui y a pris part sont étudiés. Mais ce livre nous offre davantage encore. Avant d’entamer le chapitre « Bitches Brew » proprement dit, l’auteur retrace pour nous la carrière incroyablement riche de Miles, celle qui précède son enregistrement. Et donc en quelques sortes celle de l’Histoire du jazz lui-même, des premiers pas du bebop à son électrisation, en passant par le cool jazz et les formations que Miles a connues avant 1970. Un parcours inspirant faut-il le dire ? Précisons que ce prélude s’étale sur une bonne partie du livre (presque sa première moitié). Judicieusement réédité (en version « corrigée » avec « mises à jour ») à l’heure où ce génie aurait atteint l’âge de cent ans, cet ouvrage s’adresse bien entendu aux fans avides de détails, mais surtout à tous ceux qui souhaitent découvrir le jazz sans aprioris. Car non, et Miles l’a prouvé, le jazz n’est pas réservé à une élite !

À lire ici

Yves Tassin
JazzMania 14 juin 2026

- Miles Davis, Bitches brew ou le jazz psychédélique

Adapté d’un mémoire universitaire publié en 2012 et révisé et corrigé pour cette nouvelle édition en prévision du centenaire de la naissance de Miles Davis, cet ouvrage est une fine analyse de l’album Bitches Brew. Non pas une méga-chronique de disque, mais plutôt une plongée en studio (virtuelle et mémorielle) avec les musiciens. Bitches Brew a marqué autant la trajectoire musicale du trompettiste que les autres artistes et les auditeurs. Si cet album marque l’évolution de Miles Davis – la mue, quittant la peau de son quintet historique pour se parer de couleurs psychédéliques et chanter des vibrations inédites – il n’arrive pas de nulle part. L’auteur s’attarde sur la conception de In A Silent Way, où l’on voit les effectifs changer au gré des besoins et des rencontres, et surtout sur la place déterminante que va prendre l’ingénieur du son Teo Macero (cinquième Beatle, comme on dit).

Matthieu Thibault décrit tout le processus, minutieusement, et on se prend au jeu. L’édition du coffret regroupant l’ensemble des pistes enregistrées lors des sessions Bitches Brew permet de comparer avec le résultat désormais connu de tous. L’auteur peut alors décortiquer le processus de fabrication qui, pour faire simple, a consisté en un fantastique collage de la part de Teo Macero, avec la bénédiction distante du trompettiste. Comme le disaient ses musiciens en sortant de studio, qui se demandaient à quoi cela pouvait ressembler : « aucune idée, mais d’une manière ou d’une autre, quand les albums sortent, ils finissent par bien sonner. » Bienvenue à une session pour Miles Davis !

Cet ouvrage vient compléter tous ceux sur le musicien, avec un focus bien précis, et rejoint ceux déjà parus chez le même éditeur, Le Mot et le Reste, qui traitent de la fabrication d’albums mythiques, comme celui d’Ashley Kahn Kind of Blue sur l’album de Miles Davis, ou En studio avec les Beatles de Geoff Emerick au sujet des derniers albums du groupe.

À lire ici

Matthieu Jouan
Citizen Jazz 14 juin 2026

- Bitches Brew ou le jazz psychédélique

Il ne paie pas de mine, Matthieu Thibault, lorsqu’il débarque à TsfJazz pour nous relire Bitches Brew à l’aune de sa culture rock et de son look cyberpunk. Ça tombe bien. Les lorgnettes ultra-jazzeuses pour apprécier la force d’éblouissement du plus bel album de Miles Davis (avec « Kind of Blue », évidemment…), c’est un peu limite…

Contextualiser, en revanche, comme le fait le jeune musicologue, la révolution sonore de l’an 69 dans ce que l’époque avait de plus électrique est autrement plus opérationnel. Dans Bitches Brew ou le jazz psychédélique, paru aux éditions Le Mot et le Reste, Matthieu Thibault montre comment, avec l’aide de son précieux producteur, Teo Macero, Miles est parvenu à métisser textures et influences rock, funk et soul pour faire naître un groove unique, à la fois expérimental et dansant.

Ces influences, on les connaît évidemment: James Brown, Jimi Hendrix, Sly & The Family Stone… Mais aussi Betty Mabry, la muse du trompettiste à l’époque. Chapitre excellent. La jeune chanteuse ne renouvelle pas seulement la culture de Miles. Elle le réhabille, dans tous les sens du terme, reléguant au vestiaire le costard jazzy black & white des sixties pour des tenues plus colorées… Une révolution comportementale qui, dans le même temps, ne concède rien aux codes plus ou moins acides et destroy qui embrasent l’époque… Miles Davis, après tout, n’aura jamais été aussi clean que dans sa phase psychédélique.

Mais le plat de résistance du livre, évidemment, c’est l’enregistrement du disque. Déjà, dans « In a Silent Way », le tandem Miles/Macero procédait par segments et découpages post-studio. Bitches Brew pousse encore plus loin l’expérience, utilisant le studio d’enregistrement lui-même comme une sorte d’instrument. C’est l’autre emprunt et il est de taille à la culture rock.

Les sidemen de Miles évidemment sont décontenancés. Ils ne comprennent pas où on veut les emmener. Joe Zawinul n’est pas le moins marri de voir dans quel magma vont cramer ses jolis thèmes. Les futures étoiles du jazz rock se rattraperont plus tard, déplore Matthieu Thibault, qui ne semble guère goûter la virtuosité gratuite et les solos interminables auxquels un John McLaughlin, notamment, était contraint de renoncer au moment de Bitches Brew. On n’est pas obligé de partager tous les parti-pris de l’auteur dont le propos, parfois, aurait gagné à être à la fois plus resserré et mieux étayé dans certains passages. Il n’empêche que face à un album aussi ébouriffant, la prose de Matthieu Thibault décoiffe autant que sa coupe de cheveux.

TSF JAZZ

Laurent Sapir
TSF Jazz 20 avril 2012

- Bitches Brew ou le jazz psychédélique
Quand Miles Davis a abandonné le jazz acoustique traditionnel pour se plonger dans la révolution électrique, beaucoup de ses vieux fans ont hurlé à la trahison, tandis que les amateurs de rock ont crié au génie. C’est cette époque charnière que retrace Matthieu Thibault dans son livre Bitches Brew ou le jazz psychédélique. Le ton est parfois professoral, mais l’œuvre regorge d’anecdotes et d’analyses pertinentes qui permettent de comprendre une musique étrange et novatrice, qui continue à influencer les nouvelles générations, notamment celle du hip-hop. Tous les aspects sont abordés: la musique, bien entendu, mais aussi les interactions entre les instrumentistes et les techniques de production, sans précédent à l’époque dans le milieu parfois conservateur du jazz. Une mine de renseignements pour les amateurs.
Rémi Bonnet
L'Echo Républicain 13 avril 2012

- Un livre pour Miles Davis

Sorti le 22 mars dernier aux éditions Le Mot et Le Reste, Bitches Brew ou le jazz psychédélique est un ouvrage consacré à l’album éponyme de Miles Davis.

C’est en 1970 que sort l’album Bitches Brew de Miles Davis. Double LP, il marquera une rupture dans l’histoire du jazz, et entraînera l’avènement d’un genre nouveau pour l’époque, le jazz rock, également appelé jazz fusion.
C’est pour rendre hommage à cet album, véritable petite révolution de son temps, que le musicologue et enseignant Matthieu Thibault s’est intéressé à l’histoire de Bitches Brew, et plus généralement, à la personnalité de Miles Davis. Le trompettiste et compositeur de jazz a toujours su en effet s’affranchir des conventions, ne pas se contenter des codes établis et aller jusqu’à tester ses nouvelles expérimentations. Ainsi, la tournure jazz rock si percutante dans Bitches Brew avait déjà été amorcée dans son album précédent, In a Silent Way. Malgré tout, c’est véritablement cet album qui parviendra à métisser agréablement les textures et les influences du jazz et du rock.

JAZZ RADIO

Jazz Radio 30 mars 2012

- Bitches Brew ou le jazz psychédélique

Parlons maintenant d’un livre qui vient d’être publié aux éditions Le Mot et Le Reste. Il est signé de Matthieu Thibault et il est consacré à Bitches Brew, ou le jazz psychédélique, “Bitches Brew”, le fameux album de Miles Davis qui a fait basculer le jazz dans le jazz-rock, et toute une génération qui s’y est engouffrée.
Le livre est passionnant, parce qu’il commence sur l’avant-“Bitches Brew” pour expliquer d’où les choses sont venues musicalement, et finalement assez progressivement. Il est très intéressant parce qu’il amène une réflexion non musicologique autour de la vie sentimentale de Miles, sur l’influence que Betty Davis, qu’il avait épousé juste avant d’enregistrer ces sessions, a pu avoir en lui faisant découvrir le rock noir américain et en lui donnant envie d’épicer sa musique de ce côté-là. Il y a évidemment aussi des analyses très précises sur les séances d’enregistrement, comment les albums ont été montés, etc.
Ça vient de paraître, donc, chez Le Mot et Le Reste.

OPEN JAZZ

Alex Duthil
France Musique 23 mars 2012
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