Revue de presse
C’est une histoire que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. C’est l’histoire d’adolescents et de jeunes adultes qui, pendant des années, ont lu avec fascination un magazine qui leur ouvrait des portes sur des mondes fascinants : celui du rock indé, mais aussi celui du cinéma d’auteur, celui d’une littérature exigeante… Les plus jeunes, ceux qui sont nés avec internet, les réseaux sociaux, les plateformes de streaming, et qui ont donc la possibilité de tout avoir à disposition en un clic, auront sans doute du mal à saisir l’importance décisive qu’aura eu un magazine comme Les Inrockuptibles.
Nés officiellement en 1986, sous la houlette de Christian Fevret (et de quelques autres), Les Inrockuptibles auront d’abord été un fanzine, puis un bimestriel, un mensuel et un hebdo… Si l’aventure continue aujourd’hui sous une autre forme, c’est cette première très longue partie, de 1984 à 2010, que Véronique Servat reconstitue dans un livre roboratif issu d’un travail universitaire. A l’origine de cet ouvrage, il y a en effet une thèse que son autrice a remodelée pour aboutir à cette histoire d’un magazine devenu, comme l’indique le titre, une marque culturelle.Très dense, le livre de Véronique Servat retrace donc toutes les étapes qui ont permis la création, l’émergence puis le développement de ce magazine de référence.
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On l’aura compris, le livre de Véronique Servat s’adresse aux nostalgiques de cette époque qui ont, grâce à ce magazine, fait des découvertes culturelles fondamentales. Mais cet essai passionnera également tous ceux qui s’intéressent à la presse écrite et à son fonctionnement. Très richement documenté, Les Inrockuptibles, du fanzine à la marque culturelle s’appuie aussi sur de nombreux témoignages de quelques-uns des membres historiques de la rédaction du journal : Jean-Daniel Beauvallet, Christophe Conte, Serge Kaganski… La densité du livre et sa rigueur en font donc un ouvrage de référence absolument passionnant.